PROCHE-ORIENT: 1967-2007/ QUEL BILAN
En France, le gaullisme vieillit mal et les pavés
de Paris attendent Mai 68 pour résonner des milliers de pas d’une jeunesse fougueuse
et en révolte.
Mais l’été 1967, c’est surtout la « drôle de
guerre des six jours ». Au Proche-Orient, l’armée israélienne remporte en
une semaine, une victoire humiliante sur les armées arabes. A l’époque, écolier,
nous regardions avec avidité les titres de magazines et les noms de Moshe Dayan,
Golda Meir, n’avaient pour nous aucune résonance particulière. D’autant que
notre pays connaissait sa « propre guerre sale » et que le corps
social était saisi de fièvre à chaque rumeur d’invasion.
1976, l’armée israélienne suite à une prise
d’otages réalise un raid sur l’aéroport d’Entebbe en Ouganda. Hollywood
s’empare de l’évènement. Dans un cinéma de la rue Lamare à Port-au-Prince, le
public est fasciné par Charles Bronson dans le rôle de l’officier israélien
commandant de l’opération, libérateur sans peur et sans reproche des femmes et
enfants en majorité israéliens retenus contre leur gré, avec la complicité du
sinistre dictateur Idi Amin Dada. Mais la vie n’est pas du cinéma, un bourreau sévissant
dans un centre pénitencier de Port-au-prince se fait aussi appeler Idi Amin et
s’attache avec une sordide ingéniosité à rester fidèle à la réputation de son modèle.
Le conflit connut d’autres séquences
tragiques : la prise d’otage des athlètes du village olympique de Munich terminée
dans un bain de sang, la folie meurtrière de Sabra et Chatila sous la direction
d’un jeune officier Ariel Sharon. C’est vrai que malgré tout, on n’avait pas
encore atteint le comble d’horreur : celle des populations civiles
succombant aux chapelets de bombes au phosphore ou aux bombardements au
Katiouska, des explosions aveugles dans les restaurants ou au bord des routes.
Quelque quarante ans après la guerre des six
jours, la situation au Moyen-Orient s’est aggravée ; le nationalisme arabe
des Nasser et Fayçal a laissé un vide, vite comblé par une forme extrême
d’islamisme. Des deux bords de la rive du Jourdain, certains leaders jusqu’au-boutistes
n’ont pas su saisir les opportunités qui se sont présentées lors les différents
sommets de camp David et de Genève.
Israël fort de sa supériorité militaire nucléaire
et conventionnelle s’est transformée en citadelle assiégée, tandis que l’Iran
d’Hamadjinedad est fortement tenté par
la course aux armements avec « l’ennemi sioniste ».
Paradoxalement, Israéliens et Palestiniens n’ont
jamais été aussi proches d’une acceptation mutuelle, les opinions publiques
expriment régulièrement dans des sondages leur lassitude d’une situation de ni
guerre ni paix. Les luttes inter-palestiniennes ont aussi montré que des milices
trop longtemps sur pied de guerre finissent par perdre la direction du ‘‘bon
sens’’.
Roody Edmé