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AILLEURS VU D'ICI (depuis Haïti)
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AILLEURS VU D'ICI (depuis Haïti)
  • Un blog d'analyse de l'actualité en Haiti et à l'étranger - des sujets en rapport avec l'Afrique seront aussi abordés. Certains textes ayant rapport avec les littératures du monde seront aussi traités.
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26 juillet 2007

PROCHE-ORIENT: 1967-2007/ QUEL BILAN

1967, la guerre froide bat son plein. En Amérique latine, par un été lourd enveloppant les Andes, les autorités boliviennes annoncent la mort du ‘‘Che’’. Dans toute la région, c’est la fameuse ‘‘guerre sale’’ au nom de la doctrine de la sécurité nationale. De la Paz à Buenos Aires : « des Pinochet en puissance travaillent du képi », comme dans la chanson de Ferrat. 

En France, le gaullisme vieillit mal et les pavés de Paris attendent Mai 68 pour résonner des milliers de pas d’une jeunesse fougueuse et en révolte.

 
Mais l’été 1967, c’est surtout la « drôle de guerre des six jours ». Au Proche-Orient, l’armée israélienne remporte en une semaine, une victoire humiliante sur les armées arabes. A l’époque, écolier, nous regardions avec avidité les titres de magazines et les noms de Moshe Dayan, Golda Meir, n’avaient pour nous aucune résonance particulière. D’autant que notre pays connaissait sa « propre guerre sale » et que le corps social était saisi de fièvre à chaque rumeur d’invasion.

 Mais le Moyen-Orient préoccupait déjà la planète entière, et au mois de juin 1967, le Sinaï n’avait plus seulement une connotation biblique, elle évoquait aussi désormais la ‘‘mère des batailles’’ entre les blindés israéliens et égyptiens. Les années passèrent et nous comprîmes avec le temps que l’Etat hébreux vivait avec une armée sur pied de guerre en raison d’une psychose de l’encerclement arabe. Nous comprîmes surtout que dans cette atmosphère de ni guerre, ni paix, les arabes aussi souffraient, spoliés qu’ils étaient de certains de leurs territoires.

 1973, Yasser Arafat fait la conquête des cœurs des jeunesses engagées du tiers-monde. C’est le ‘‘Che Guevara » du désert qui popularise la cause palestinienne.  

 
1976, l’armée israélienne suite à une prise d’otages réalise un raid sur l’aéroport d’Entebbe en Ouganda. Hollywood s’empare de l’évènement. Dans un cinéma de la rue Lamare à Port-au-Prince, le public est fasciné par Charles Bronson dans le rôle de l’officier israélien commandant de l’opération, libérateur sans peur et sans reproche des femmes et enfants en majorité israéliens retenus contre leur gré, avec la complicité du sinistre dictateur Idi Amin Dada. Mais la vie n’est pas du cinéma, un bourreau sévissant dans un centre pénitencier de Port-au-prince se fait aussi appeler Idi Amin et s’attache avec une sordide ingéniosité à rester fidèle à la réputation de son modèle.

Le conflit connut d’autres séquences tragiques : la prise d’otage des athlètes du village olympique de Munich terminée dans un bain de sang, la folie meurtrière de Sabra et Chatila sous la direction d’un jeune officier Ariel Sharon. C’est vrai que malgré tout, on n’avait pas encore atteint le comble d’horreur : celle des populations civiles succombant aux chapelets de bombes au phosphore ou aux bombardements au Katiouska, des explosions aveugles dans les restaurants ou au bord des routes.

Quelque quarante ans après la guerre des six jours, la situation au Moyen-Orient s’est aggravée ; le nationalisme arabe des Nasser et Fayçal a laissé un vide, vite comblé par une forme extrême d’islamisme. Des deux bords de la rive du Jourdain, certains leaders jusqu’au-boutistes n’ont pas su saisir les opportunités qui se sont présentées lors les différents sommets de camp David et de Genève.

Israël fort de sa supériorité militaire nucléaire et conventionnelle s’est transformée en citadelle assiégée, tandis que l’Iran d’Hamadjinedad est fortement tenté  par la course aux armements avec « l’ennemi sioniste ».

Paradoxalement, Israéliens et Palestiniens n’ont jamais été aussi proches d’une acceptation mutuelle, les opinions publiques expriment régulièrement dans des sondages leur lassitude d’une situation de ni guerre ni paix. Les luttes inter-palestiniennes ont aussi montré que des milices trop longtemps sur pied de guerre finissent par perdre la direction du ‘‘bon sens’’.

 

Roody Edmé

 

 

 

 

 

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Commentaires
J
voici le lien vers ce témoignage de la rue Gay-Lussac<br /> http://www.alterpresse.org/article.php3?id_article=1405<br />
J
Mai 68.j'avais dix sept ans ... J'ai sur mon blog un lien avec le témoignage d'un étudiant haïtien, qui habitait rue Gay-Lussac
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