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AILLEURS VU D'ICI (depuis Haïti)
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AILLEURS VU D'ICI (depuis Haïti)
  • Un blog d'analyse de l'actualité en Haiti et à l'étranger - des sujets en rapport avec l'Afrique seront aussi abordés. Certains textes ayant rapport avec les littératures du monde seront aussi traités.
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26 juillet 2007

HAITI : SORTIR DE L’ IMPASSE

  Une mise au point parue dans un numéro spécial de la revue « L’Histoire » compare la situation économique et écologique d’Haïti et de la République Dominicaine. Ce n’est sûrement pas la première fois que des chercheurs étrangers et nationaux se livrent à de telles études sur nos deux pays, ne serait-ce que pour comprendre cette différence abyssale qui s’est creusée en quelques quarante années. Tout se passe comme si, comme disait l’autre, l’île avait un envers et un endroit. Nous dirons tout simplement que le rapport à l’espace n’est pas le même et qu’à l’ouest l’environnement a subi une sauvage indifférence, quand elle n’a pas été  tout bonnement l’objet de pratiques prédatrices encouragées par les faiblesses d’un Etat débile.

 Mais faisons un peu plus connaissance avec cette réflexion du chercheur Jared Diamond, professeur de géographie à l’université de Californie, cité dans la revue par Olivier Postel Viney : « Les Haïtiens n’ont pas d’industrie, guère de commerce. Le chômage est endémique, la formation de bon niveau à peu près nulle. La corruption règne en maître…la forêt a entièrement disparue, les sols érodés ». Ce sombre tableau précède évidemment   une évocation plus lumineuse de l’environnement à l’Est ou il fait bon de vivre.

 Le flot migratoire serait proportionnel à la déroute spatiale que connaît la partie occidentale rendue exsangue par une catastrophe écologique qui menace de s’accentuer. Mais suivons le chercheur dans son texte : « Saint-Domingue a su, au contraire, préserver son capital naturel. Protégée par des parcs nationaux, la forêt couvre près du tiers du pays. Le pays a efficacement développé une agriculture d’exportation ».

 Selon cet historien, spécialiste de l’histoire comparative des sociétés humaines, le facteur humain est donc responsable de ce contraste puisque lors de la partition, Haïti était encore la plus riche. Les Dominicains auraient accueilli à bras ouverts des immigrants industrieux, en leur donnant accès à la terre et aux moyens de production, alors que nous autres Haïtiens traumatisés par l’esclavage, nous avons toujours donné un « bwa long » aux étrangers. Cette approche tout en étant audacieuse est tout de même une demi-vérité, car Haïti, tout en n’ayant pas assumé dans ses premières constitutions la question de la propriété aux étrangers n’a pas fermé systématiquement ses écoutilles.

  Le repli est venu surtout d’une apparente difficulté à adopter des méthodes de gestion venues d’ailleurs, une résistance à une certaine modernité maladroitement imposée. Une modernité d’autant plus de parade qu’elle ne s’est jamais reposée sur un projet national de société. En appert un environnement saccagé, un niveau d’éducation insoutenablement faible et récemment encore des statistiques s’apparentant à un pays en guerre.

 A propos de guerre, la démonstration n’est plus à faire sur le caractère dévastateur de nos pugilats politiques, essentiellement déstructurants pour une formation sociale réduite à des pratiques de survie, et incapable de produire à date un modèle à  la hauteur des attentes d’un peuple rongé jusqu’aux os par l’indignité.

Ce qu’on attend de nos décideurs ce sont quelques projets porteurs autour de l’agriculture,  de l’industrie, de l’environnement qui feront la différence dramatiquement par rapport au passé et qui, surtout libèreront les énergies ici et dans la diaspora qui ont besoin de recommencer à croire dans ce pays.

Quoiqu’il en soit, ces études comparatives en dépit de certaines limites sont autant de piqûres de rappel pour une société malade qui doit profiter du momentum actuel pour se reprendre en main.

 

Roody Edme

 

 

 

 

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Commentaires
J
Merci pour ce grand angle d'analyse, une vue de l'intérieur, sur les hauteurs panoramiques d'où les Gouverneurs de la Rosée auraient disparus ?
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